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Suivi du projet de Bokidiawe par l'association Eau'rizon

Deux ans après notre passage à Bokidiawé, Loïc et Nicolas, des ingénieurs de Sup’Aero, sont retournés au village pour faire un point sur la gestion du forage et font un retour sur les propositions qu’avaient faites Eau’rizon à son départ.

Deux ans après notre passage à Bokidiawé, Loïc et Nicolas, des ingénieurs de Sup'Aero, sont retournés au village pour faire un point sur la gestion du forage. Ils nous racontent ici leur mission, et font un retour sur les propositions qu'avaient faites Eau'rizon à son départ.

« A la suite de discussions passionnées avec Marie, quelque part entre l'Espagne et la France au fin fond des Pyrénées, nous avons découvert et pris contact avec l'équipe Eau'rizon. Leurs missions autour de la thématique de l'accès à l'eau potable nous ont époustouflés. L'envie nous est alors venue de nous rendre utile en prenant en charge la suite de la mission qu'ils avaient réalisée à Bokidiawé au Sénégal.

Cette mission s'est déroulée au mois d'août 2007, c'est-à-dire deux ans après celle qu'avaient réalisée Marie, Lorraine, Yvan et Amaury. Elle avait ainsi un double objectif.

D'un côté, les tâches à réaliser nous avaient été fixées par les membres de l'ADMVB (Association pour le Développement et la Mise en Valeur de Bokidiawé). Nous devions réaliser un audit complet, financier et organisationnel, de l'organisme chargé de l'exploitation du forage (le comité d'exploitation), relever les dysfonctionnements, et éventuellement y trouver des solutions en collaboration avec les membres du comité. Nous devions aussi dresser un bilan de l'état du réseau et relever les remarques des villageois quant à l'accès à l'eau potable.

D'un autre côté, nous nous sommes appuyés sur le travail colossal qui avait été réalisé par la première mission. Il convenait donc de faire un bilan de leurs actions et des propositions faites il y a deux ans : analyser l'utilisation ou la disparition de certains outils qui avaient été mis en place, mesurer l'impact qu'ont eu les recommandations, et réagir aux nouvelles problématiques qui ont surgi par la suite.

Le bilan de la mission est globalement positif. Il convient tout d'abord de signaler les énormes améliorations par rapport à la première mission. Les comptes du comité sont relativement transparents et la santé financière est bonne au point que le village a pu contribuer financièrement à la rénovation totale du réseau et effectuer de façon autonome des réparations importantes lorsque celles-ci se sont avérées nécessaires. Cependant, d'autres problèmes viennent noircir le tableau et font que l'autonomie du village en terme de gestion de l'eau potable n'est pas encore atteinte.

En effet, il y avait de réels problèmes dans la gestion des factures impayées et dans le recouvrement de celles-ci. C'est un point important et délicat car il met en péril la crédibilité du comité. Le deuxième dysfonctionnement majeur reste l'absence d'organisme associatif représentant les villageois (ASUFOR), qui serait chargé de veiller à la bonne exploitation du forage et de prendre les décisions nécessaires concernant l'organisation du comité. Cet organisme permettrait d'établir une communication efficace entre le comité et les villageois, sans faire systématiquement appel à l'ADMVB France. Il avait était mis en place durant le passage de la première mission mais avait complètement disparu lors de notre passage…

Le 17 février dernier, les membres d'Eau'rizon (missions 1 et 2) se sont réunis à Paris pour faire le bilan de cette mission, avec Hydraulique Sans Frontières et l'ADMVB France. Il en est ressorti qu'une nouvelle mission serait peut-être nécessaire pour aider à la remise en place de l'ASUFOR. Mais si le village de Bokidiawé parvient à le mettre en place seul, c'est encore mieux ! L'ADMVB Bokidiawé, structure locale, peut jouer un rôle pour appuyer sa création.

Bokidiawé a engagé un travail ambitieux et prometteur qui mènera le village à son autonomie en terme de gestion de l'eau. La route et encore longue mais la volonté des villageois reste vive et nous avons bon espoir !

14/03/2008


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