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Accès à l'eau potable en zone urbaine : Le Sénégal en tête en Afrique subsaharienne

(Walf Fadrji, 26/03/2007). Environ 1,6 million de citadins ont eu accès à l'eau potable. Le Sénégal est aujourd'hui le pays d'Afrique subsaharienne qui a le plus fort taux de raccordement à l'eau courante en milieu urbain, avec 98 %, selon la Banque mondiale.

Le Sénégal à une place de choix devant les pays d'Afrique subsaharienne, avec 98 % d'accès à l'eau potable. Des résultats obtenus grâce aux différentes réalisations dans le secteur. Elles se sont traduites par la mise en place de 140 000 nouveaux raccordements à des tarifs subventionnés pour les familles pauvres, ainsi que de 400 bornes-fontaines publiques.

Ces deux mesures à elles seules ont permis à quelque 1,6 million de personnes d'avoir pour la première fois un accès fiable à l'eau potable, selon la Banque mondiale. Qui rappelle qu'en 2006, le niveau des raccordements individuels atteignait 76 % (le plus fort taux d'Afrique subsaharienne), grâce à l'établissement d'un programme social de raccordements subventionnés pour les quartiers pauvres de Dakar et des villes secondaires, programme entrepris avec l'appui de l'Ida (filiale de la Bm).

Globalement, l'accès des citadins aux services d'eau (y compris par le biais des fontaines publiques) est passé d'un niveau de l'ordre de 74-81 % en 1996 à 98 % environ en 2006. Le niveau de pertes (dues essentiellement à des fuites) est quant à lui tombé en dessous de 20 % en 2006, contre 32 % en 1996, ce qui se traduit par une économie équivalente aux besoins en eau de 930 000 personnes.

L'assainissement en milieu urbain s'est également amélioré, 830 000 personnes de plus ayant désormais accès au tout-à-l'égout ou aux installations d'assainissement individuel.

Le taux de perception des redevances a atteint 98 %, alors qu'il était inférieur à 80 % avant le projet. De ce fait, les hausses de tarifs pour les usagers sont restées de 3 % en moyenne par an, ce qui correspond à l'inflation.

L'incidence des maladies transmises par l'eau et de la diarrhée infantile a diminué. L'évacuation des eaux usées a eu des effets bénéfiques additionnels au plan sanitaire, et a engendré des changements de comportement positifs dans les quartiers concernés. 'Le paludisme fait énormément de victimes en Afrique de l'Ouest, à commencer par les enfants, et grâce aux progrès obtenus en matière de gestion de l'eau et d'assainissement, il devrait diminuer, selon les estimations, de 20 % dans les zones en question.'

Le renversement de tendance opéré de manière 'concluante' dans ce secteur a drainé un volume majeur d'apports de fonds d'autres donateurs et d'investissements de banques commerciales.

La mise en œuvre réussie du projet Eau à long terme a contribué à drainer un volume substantiel de fonds additionnels des bailleurs de fonds et des banques commerciales. L'Ida a quant à elle fourni un montant supplémentaire équivalant à 125 millions de dollars dans le cadre du Projet sectoriel eau à long terme qui vient en complément.

L'Ida a joué un rôle d'organisme pivot et de catalyseur pour l'adoption de pratiques et de politiques novatrices. L'assistance technique a permis le passage à une structure de partenariat public-privé, dans laquelle une société holding d'État gère les services d'eau et d'assainissement tout en sous-traitant le travail d'exploitation à une entreprise privée dans laquelle l'État est actionnaire. L'appui fourni par la Banque a contribué à assurer le respect des obligations réglementaires et contractuelles. Le contrôle étroit des décisions prises en matière de passation des marchés a par ailleurs contribué à restreindre les coûts et à maintenir ainsi les tarifs à des niveaux abordables.

Les deux projets ont bénéficié d'un volume substantiel de cofinancement de la part des bailleurs de fonds étrangers - dont l'Allemagne, la Banque africaine de développement, la Banque européenne d'investissement, la Banque ouest-africaine de développement, le Fonds nordique de développement, et la France - ainsi que de banques commerciales sénégalaises.

Outre la nécessité de maintenir les acquis obtenus dans les zones urbaines, il y a lieu de renforcer l'accès à l'eau dans les zones rurales, indique la Bm. Si la quasi-totalité des citadins ont à présent accès à l'eau salubre, ce n'est le cas que de 62 % des ruraux, et 17 % d'entre eux seulement ont accès à des services d'assainissement améliorés. Atteindre les objectifs de développement pour le Millénaire au Sénégal suppose que plus de 3 millions d'habitants des zones rurales aient accès à l'eau salubre et à l'assainissement, selon toujours la même source.

Il faut rappeler qu'en 1995, plus de la moitié de la population du Sénégal vivait en milieu urbain, principalement à Dakar. Dans la capitale, précisément, les pénuries d'eau étaient chroniques, de même que les fuites sur le réseau ; l'assainissement était pour ainsi dire inexistant dans les quartiers pauvres de la périphérie, et 58 % seulement des habitants disposaient d'une eau courante et potable. Pour l'ensemble des zones urbaines, le chiffre était de 40 %.

L'approche suivie par le projet de l'Ida de la Bm visait au développement à long terme de ce secteur. Il s'agissait d'accroître la fourniture d'eau et de favoriser l'établissement d'une compagnie des eaux qui soit capable de recouvrer ses coûts, de percevoir les redevances des usagers et de fournir à la population des services d'eau et d'assainissement d'un prix abordable, sans pour cela dépendre des subventions de l'Etat.

Wal Fadjri / J. Mbengue - 29/03/2007


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